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MERCURE

Mercure est la planète du Système solaire la plus proche du Soleil. En moyenne, elle n'en est séparée que de 58 millions de kilomètres soit 3 fois moins que la Terre. Toutefois son orbite est très allongée, ce qui fait qu'elle peut s'en éloigner jusqu'à près de 70 millions de kilomètres ou s'en approcher à 46 millions de kilomètres.

Mercure doit son nom au dieu du commerce et des voyages qui était également le messager des autres dieux dans la mythologie romaine. Ce nom lui fut attribué en raison de son déplacement rapide sur la voûte céleste, de part et d'autre du Soleil.
En effet, compte tenu de sa relative proximité, Mercure accomplit sa révolution autour du Soleil en 88 jours, soit 4 fois moins de temps qu'il n'en faut à la Terre.

Même si Mercure est visible à l’œil nu, cette proximité constitue un réel handicap pour l'observer depuis la Terre car vue d'ici la planète ne s'écarte jamais de plus de 28 degrés du Soleil. Par conséquent, on ne voit jamais Mercure en pleine nuit sur un fond de ciel noir. Elle est au contraire visible soit le matin à l'aube, quand le Soleil est sur le point de se lever et éclaire déjà le ciel, soit le soir au crépuscule, aussitôt après le coucher du Soleil.

Photo : Miguel Claro

Mercure orbitant autour du Soleil plus près que ne le fait la Terre (on dit qu'il s'agit d'une planète intérieure), il arrive qu'elle passe devant le disque Solaire. Ce passage, qu'on appelle un transit, constitue une opportunité exceptionnelle d’observer* Mercure qui apparaît à contre-jour comme un minuscule disque noir traversant de part en part notre étoile. Malheureusement, ce phénomène n'a lieu que 13 ou 14 fois par siècle car compte tenu que l'orbite de Mercure est fortement inclinée, elle passe le plus souvent au-dessus ou en-dessous du Soleil. Le dernier transit a pu être observé le 11 novembre 2019 et le prochain aura lieu le 13 novembre 2032.

 

(*) à l'aide d'un instrument équipé d'un filtre solaire.

Même si elle a été découverte dès l'antiquité, compte tenu des difficultés d'observation évoquées plus haut Mercure n'était que très peu connue jusqu'à une période récente. Il aura fallu attendre l'envoi de la sonde Mariner 10 en 1975 pour obtenir les premiers clichés de la surface de la planète et les premières informations sur sa structure interne. Les survols effectués entre 2008 et 2015 par une autre sonde, Messenger, ont permis d'achever la cartographie de Mercure et de compléter notre connaissance de l'astre.

Image composite montrant le dernier transit de Mercure devant le Soleil le 11 novembre 2019.

(Crédit : NASA's Goddard Space Flight Center)

Mercure est la plus petite planète du Système solaire. Son diamètre mesure tout juste 4 800 km, beaucoup plus proche de celui de la Lune (3 500 km) que de celui de la Terre (13 000 km).
Sa masse ne représente pas plus de 5,5 % de la masse de la Terre.
Par rapport à la Terre, la distance de Mercure oscille entre 80 et 220 millions de kilomètres.

Taille comparée de Mercure, la Lune et la Terre. (Crédit : Vito Technology / Starwalk)

Mercure est une planète tellurique, c'est-à-dire composée de roches et de métaux comme la Terre. Mais son aspect fait davantage penser à la Lune qu'à notre planète. Sa surface présente en effet de fortes similitudes avec notre satellite naturel, avec notamment de nombreux cratères, témoins d'un fort bombardement météoritique, dont la taille est toutefois plus petite que celle des cratères lunaires.  On observe également des bassins lisses et sans impacts correspondant à des zones plus jeunes où des coulées de lave ont recouvert les anciens cratères.
Il n'y a par contre pas de « mers » sur Mercure.

(Crédit : Nasa)

(Crédit : Nasa)

Comme pour la Lune, le sol mercurien est couvert d'un tapis poussiéreux composé de minéraux. Sous cette croûte rocheuse dont l'épaisseur ne dépasse pas quelques dizaines de kilomètres, se trouve un manteau de roches semi-fondues, épais de 500 à 600 kilomètres et composé essentiellement de magnésium et de silicates de fer.


Au cœur de la planète se trouve un énorme noyau métallique de fer et de nickel dont le rayon représente à lui seul 75% du rayon de Mercure. Solide en son centre, ce noyau deviendrait liquide dans ses zones externes.


Un autre point commun avec la Lune est l'absence d'atmosphère qui la protégerait des rayons solaires. Aussi, sur Mercure lorsque le Soleil est proche du zénith la température dépasse les 400°. Tout objet en étain ou en plomb y fondrait instantanément ! A contrario, la nuit la température peut descendre jusqu'à -180°.

 

Mercure ne possède pas de satellite.

Comme toute planète, Mercure tourne sur elle-même. Mais sa rotation est très lente : 58 jours (rappelons que la Terre tourne en une journée). Conjugué au fait que sa révolution autour du Soleil est au contraire très rapide (88 jours) , au cours d'une journée sur Mercure, le Soleil progresse extrêmement lentement dans le ciel, allant jusqu'à s'arrêter pour repartir temporairement en arrière avant de reprendre sa course lente vers l'avant.

 

Au final, entre 2 levers de Soleil consécutifs, la planète aura fait 2 révolutions autour du Soleil. Par conséquent, une journée sur Mercure dure 2 années mercuriennes (soit 176 jours terrestres) !

Le 19 octobre 2018, l'agence spatiale européenne (ESA) a lancé 2 nouvelles sondes dont la mission, baptisée BepiColombo, est d’étudier la surface de Mercure, sa structure interne, sa magnétosphère (c'est-à-dire la région entourant la planète soumise au puissant champ magnétique et à l’interaction du vent solaire) ainsi que son champ magnétique. Elles devraient se placer en orbite autour de Mercure à la fin de l'année 2026.

Image composite représentant la mission BepiColombo en route vers Mercure

(Crédit : spacecraft: ESA/ATG medialab; Mercury: NASA/JPL)

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